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Gregory POL, photographe sous-marin

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Gregory POL, photographe sous-marin

Message  PHILFOU le Mar 3 Mar - 13:10


L'INTERVIEW AUDIO, CLIQUEZ SUR LE LIEN


Retrouvez ci-dessous la transcription texte de l’interview :

Régis Moscardini : Bonjour, c’est Régis Moscardini du blog Auxoisnature.com et vous écoutez le podcast de l’interview de photographes nature pour vous aider à progresser en compagnie des meilleurs photographes nature francophones. Si vous aimez ce podcast, ne le gardez pas pour vous, dites-le en laissant une note et un commentaire sur iTunes. Merci.

Régis Moscardini : Bonjour Gregory Pol.

Gregory Pol : Bonjour Régis.

Régis Moscardini : Bienvenue à toi dans la série d’interviews d’Auxois Nature. Je te remercie d’avoir accepté de te prêter au jeu de l’interview.

Gregory Pol : Il n’y a pas de quoi.

Régis Moscardini : Première question Gregory, c’est le rituel, tout le monde commence par ça. Avant d’aller plus loin, est-ce que tu peux, s’il te plait, te présenter en quelques mots ?

Gregory Pol : Oui, bien sûr. Je suis Gregory Pol. Je suis marin de la Marine nationale dans laquelle j’occupe un poste de navigateur et de plongeur. Je suis passionné de photographies bien sûr. Du coup je profite un petit peu de mon métier pour voyager, et ça me permet régulièrement de me retrouver dans des pays sympathiques où j’ai l’occasion de faire des photos qui peuvent sortir un petit peu de l’ordinaire. C’est la chance que j’ai en étant marin.

Régis Moscardini : Sortir de l’ordinaire par rapport déjà à la qualité de photographe que tu es mais surtout par rapport à l’endroit où tu te trouves. Là, actuellement, je pense qu’on en parlera au fur et à mesure de la discussion, tu es à Saint-Pierre-et-Miquelon. Tu fais des photos que tu ne pourrais pas faire si tu restais évidemment en métropole ?

Gregory Pol : Oui, c’est exact. Le fait de travailler ici, parce que j’ai été envoyé ici, j’étais volontaire pour venir mais je suis ici pour mon travail, ça me permet de découvrir d’autres paysages, d’autres animaux. Pour venir voir par exemple des harfangs des neiges, il y a des gens qui paieraient assez cher. Alors que moi je suis payé pour y être.

Régis Moscardini : Justement par rapport à ça, tu dois régulièrement revoir un petit peu tes classiques au niveau naturaliste, tu parlais à l’instant de l’harfang des neiges, il est certain que quand tu étais en métropole à Brest par exemple, tu ne t’es forcément pas intéressé à cette espèce-là. Par contre comme maintenant tu es là-bas à Saint-Pierre, tu dois revoir quelques petites choses que tu n’avais pas à faire avant ?

Gregory Pol : Oui, tout à fait. Du coup, on s’adapte, on se renseigne sur ce qu’il y a à faire, sur ce qu’il y a à voir. Après, c’est plus simple qu’en métropole finalement puisque l’archipel est beaucoup plus petite. Il y a  au final aussi moins de choses à voir. Donc on s’intéresse de façon plus précise et plus soutenue aux quelques choses que l’on peut trouver ici. Ici, tout est mis en valeur. Un animal migrateur qui viendrait une année mais qu’on ne verrait pas pendant 2 ans sera vraiment mis à la fête la quatrième année parce qu’on le reverra de nouveau.

Régis Moscardini : D’accord.

Gregory Pol : Il y a des gens ici spécialisés, donc ils font du comptage d’oiseaux. C’est surtout dans l’ornithologie.

Régis Moscardini : C’est une zone de migration, c’est pour ça ?

Gregory Pol : Oui, c’est une zone de migration.

Régis Moscardini : Une zone d’étape, de halte pour certains oiseaux par exemple ?

Gregory Pol : Oui. Ce qui arrive plusieurs fois dans l’année, c’est-à-dire qu’il y a l’automne, le printemps, même l’hiver il y a des oiseaux qui s’arrêtent, et même l’été en fait. Moi, au départ je ne suis pas un grand spécialiste des oiseaux mais je découvre au fur et à mesure et j’ai la chance ici de côtoyer des gens qui sont vraiment spécialistes et passionnés, donc c’est très intéressant.

Régis Moscardini : La littérature ne manque pas ? Je vais encore mentionner l’harfang des neiges, mais quand tu es en métropole, en France, si tu veux photographier le renard, ce n’est pas les informations qui manquent. A l’inverse, à Saint-Pierre-et-Miquelon ou dans d’autres archipels du même type, ça ne peut pas être gênant justement d’avoir moins d’informations, moins de livres, moins de littérature spécialisés ?

Gregory Pol : Effectivement, sur place, il y a moins de littérature spécialisée mais ce qu’il faut voir, c’est qu’en fait Saint-Pierre-et-Miquelon c’est à 10 kilomètres du Canada. Moi le Canada je le vois de ma fenêtre. Donc il y a toute la littérature canadienne et nord-américaine en général. En plus ils ont la même faune et la même flore que nous. Du coup on s’y retrouve de suite.

Régis Moscardini : D’accord, intéressant. Par contre ça doit être en anglais, j’imagine ?

Gregory Pol : C’est en anglais, mais c’est aussi en français parce qu’il y a une grosse partie francophone dans cette partie du Canada.

Régis Moscardini : D’accord.

Gregory Pol : On a tout le Québec. Même à Terre-Neuve, c’est anglophone mais il y a beaucoup de gens, en tout cas, qui comprennent le français. Pareil en Nouvelle-Ecosse, on est juste à côté, il y a toute une partie où les gens comprennent bien, certains parlent le français aussi.

Régis Moscardini : D’accord. Donc tu as commencé la photo par la pratique de la photo sous-marine. C’est lié à ton métier de plongeur, je pense. Ce n’est pas une passion, c’est d’abord ton métier. Est-ce que tu en fais encore de la photo sous-marine parce que tu avais remporté, pas un concours, mais tu avais été mentionné dans un livre au Festival de Namur, est-ce que tu en fais encore de la photographie sous-marine ?

Gregory Pol : Oui. La photographie sous-marine, j’en fais toujours, j’en fais moins qu’avant. Après, au fur et à mesure de mes affectations, il y a des endroits qui s’y prêtent plus. Il y a aussi des moments où j’ai plus de temps. Là actuellement sur Saint-Pierre-et-Miquelon, il y a des très belles choses à voir, il y a surtout beaucoup d’épaves intéressantes. Au niveau de la faune sous-marine, c’est un peu plus pauvre que sous les tropiques par exemple.

Régis Moscardini : C’est lié à la chaleur de l’eau tout simplement ?

Gregory Pol : Oui. L’eau est beaucoup plus fraiche effectivement. Mais c’est aussi pas mal lié à un moment donné à la surpêche, donc il y a moins de poissons même si ça revient. Mais on ne va pas tomber comme ça sur des milliers et des milliers de bancs de poissons. C’est sûr que c’est un peu plus dur de trouver des choses intéressantes, je parle en tout cas au niveau poisson, parce que au niveau cétacé par contre, c’est très riche. Donc les dauphins, les baleines. L’été dernier, on a eu pendant presque 2 mois un groupe d’orques qui est resté là. Pendant 2 mois tous les jours, des gens pouvaient les rencontrer. Donc c’était extraordinaire.

Régis Moscardini : J’imagine, oui. La photo sous-marine demande évidemment du matériel  spécifique, j’imagine, ne serait-ce que le caisson étanche. Donc il y a ça. Mais qu’est-ce qu’il y a d’autre d’indispensable ? Ça ne se pratique pas tous les jours la photographie sous-marine, il faut y être initié, il faut vivre dans un endroit dans lequel tu puisses pratiquer ça. Qu’est-ce qui est indispensable pour pratiquer ce type de photographie ?

Gregory Pol : Déjà ce qui est indispensable, c’est de trouver le bon sujet, ça rejoint un peu ta formation en général. C’est-à-dire que si l’on veut par exemple photographier des baleines à bosse, on n’a pas besoin d’être un expert de la plongée sous-marine. Il faut être à l’aise dans l’eau mais déjà les photos se pratiquent en apnée. Déjà on n’a pas besoin d’avoir passé un niveau 4 de plongée. Déjà choisir son sujet.

Régis Moscardini : Je t’interromps. C’est-à-dire que moi par exemple qui n’ai jamais pratiqué ça, en Bourgogne il n’y a pas encore la mer ni l’océan, donc je ne pourrai pas le faire avant un certain temps, mais par contre si je décide de faire ça un jour, j’aurai plutôt tendance à m’orienter vers des cétacés parce que c’est plus simple.

Gregory Pol : C’est plus simple au niveau de la technique aquatique. Souvent maintenant il y a quand même beaucoup de personnes qui proposent des excursions ou qui vous proposent de vous guider, des organismes et tout ça. Donc c’est plus simple.

Maintenant a contrario si tu veux faire de la photo d’épaves, les épaves qui sont bien conservées sont généralement plus profondes parce qu’elles sont moins chahutées par les courants, par les vagues et la marée, là il vaut mieux savoir bien plonger. Là il est nécessaire d’avoir un meilleur niveau, une meilleure formation, et du coup du meilleur matériel aussi puisque plus on va descendre, plus la pression sera importante, plus le matériel risque de ne plus bien fonctionner ou carrément être noyé.

Régis Moscardini : C’est le reflex de monsieur tout le monde, le mien dans un caisson pourrait assurer des prises de vue de photos d’épaves par exemple ?

Gregory Pol : Tout à fait. Maintenant oui. A l’époque de l’argentique, je parle d’époque, on dirait que ça fait 200 ans

Régis Moscardini : Ça fait un petit moment quand même.

Gregory Pol : Quand on parle d’argentique, il y avait déjà des appareils photo qui étaient étanches par construction. Moi, j’utilisais par exemple les Nikonos, c’étaient des très bons appareils qui étaient étanches. Avec des objectifs qu’on pouvait changer, la plupart du temps pas sous l’eau. Il y avait quelques petits matériels qu’on pouvait rajouter sur des objectifs sous l’eau mais on ne pouvait pas les changer sous l’eau, sinon l’eau rentrait directement dans le boitier.

Ensuite les appareils argentiques, on a pu les mettre dans des caissons étanches. Donc là effectivement si ton boitier était un très bon appareil photo, tu pouvais l’utiliser avec des caissons. Là c’est pareil, suivant la qualité que tu donnais à ton caisson, le prix n’était pas le même. Là on pouvait passer, je vais parler en euros du coup, un caisson on passe de 1.500 euros à 4.000 euros assez rapidement.

Régis Moscardini : D’accord.

Gregory Pol : Pour répondre à ta question, ton appareil photo tu pourrais très bien le mettre dans un caisson. Toi je crois que tu as un Sony.

Régis Moscardini : Un Pentax.

Gregory Pol : Après je ne sais pas quel caisson est adapté mais ce ne sera pas un caisson Pentax, c’est souvent

Régis Moscardini : Des marques spécialisées dans ce type de matériel.

Gregory Pol : Tout à fait. Maintenant c’est tout à fait faisable. Après les gens plongent de plus en plus avec des compacts ou des petits appareils dans des caissons étanches. Vu que la qualité des compacts s’est bien améliorée, ils arrivent à faire des photos qui sont sympas.

Régis Moscardini : Par rapport à la manipulation du reflex justement, moi quand j’ai un réglage à faire, s’il faut le faire rapidement, j’accède aux fonctions très vite, je connais mon matériel par cœur, les mollettes bougent bien, mais j’imagine qu’avec un caisson, comment ça se passe, tes réglages sont faits à l’avance, tu ne les modifies plus une fois que tu es dans l’eau ou tu peux les modifier mais il faut prendre toutes les précautions ? Comment ça se passe concrètement une fois que tu es dans l’eau si tu as à régler l’ouverture, la vitesse, comment tu fais ?

Gregory Pol : Le mieux effectivement, c’est déjà de savoir un petit peu ce que tu penses que tu vas trouver sous l’eau. Donc encore l’importance de la connaissance du milieu. Si tu sais que tu as des chances de tomber sur des requins gris par exemple, tu sais à quelle profondeur tu vas les trouver, tu essaies en général en photo sous-marine de plonger vers midi contrairement aux photos aériennes

Régis Moscardini : Parce que la lumière transperce le plus loin ?

Gregory Pol : Voilà, tout à fait, avec justement une lumière qui viendrait directement du haut. Au niveau des réglages, le mieux c’est quand même de savoir ce que tu vas prendre en photo pour éviter d’avoir trop à changer tes réglages. Maintenant suivant la qualité des caissons, je reviens à ça, tu peux modifier tes réglages sans aucun souci. Plus facilement dans les eaux chaudes que froides, puisque dans les eaux froides tu te retrouves avec des moufles et des gants

Régis Moscardini : Comme l’hiver sur la terre ferme, c’est la même contrainte.

Gregory Pol : Exactement.

Régis Moscardini : Je voulais savoir si approcher des animaux sous l’eau demande les mêmes précautions que sur la terre ferme ou finalement ils sont quand même habitués à la présence de l’homme ou beaucoup moins, est-ce que tu peux approcher un animal à quelques mètres sans qu’il s’enfuie ? Comment ça se passe ? Ça dépend de l’animal forcément.

Gregory Pol : Oui, déjà. Mais je vais même être encore plus classique ou plus bateau, ça dépend beaucoup de la taille de l’animal. C’est-à-dire qu’un petit poisson, la plupart du temps, aura un peu plus peur de toi, alors qu’un gros requin ou une grosse baleine ne sera pas craintif, il va garder une distance entre toi et lui mais c’est lui qui va te jauger. Donc s’il a envie de venir, il viendra. De toute façon il va plus vite que toi. S’il ne veut pas venir, il ne viendra pas.

Régis Moscardini : Même la grosse baleine, même un gros cétacé bien lourd de plusieurs dizaines de tonnes ira plus vite que toi s’il décide de partir, tu ne pourras rien faire ?

Gregory Pol : Oui, sans aucun souci. En gros, ils sont presque tous plus rapides que nous.

Régis Moscardini : Bien sûr. Ça parait logique, on n’est pas fait vraiment pour aller dans l’eau.

Gregory Pol : On n’est pas du tout dans notre milieu. C’est vrai que dans la forêt, même si la forêt est le milieu des animaux sauvages, l’homme est quand même assez habitué, assez à l’aise. Déjà on ne respire pas sous l’eau, on respire bien dans l’air.

Donc on n’est vraiment pas dans notre milieu. Mais c’est intéressant. Après, ça dépend aussi de l’individu parce qu’effectivement tu peux tomber sur un requin-marteau qui va être curieux, qui viendra, et le lendemain tomber sur un autre qui ne voudra surtout pas venir ou qui pourra même être un peu agressif par exemple. C’est très changeant quand même.

Régis Moscardini : Je n’imagine pas du tout comment ça peut se passer parce que c’est vrai qu’on est tellement habitué à ce qu’il se passe sur terre. Mais les classiques en photographie animalière sur terre c’est simple, il faut connaitre le milieu, l’environnement.

Ensuite il faut très bien connaitre l’animal en question par rapport à sa distance de fuite par exemple, par rapport à son comportement, s’il a une attitude particulière qui montre qu’il ne va pas tarder à s’enfuir. J’imagine que sous l’eau les animaux ont le même type de comportement mais ça doit être plus compliqué à connaitre parce que les observations sont moins courantes, tu les vois moins souvent ?

Gregory Pol : Après c’est ça, effectivement c’est des recherches sur des cartes aussi, c’est-à-dire on va regarder la nature du fond à tel endroit, à telle heure de la journée dans quel sens va venir le courant, on sait par exemple que tel poisson il va plutôt préférer des eaux un peu chaudes ou un peu froides, donc déjà on va pouvoir situer sa profondeur d’immersion par exemple.

Il faut jouer vraiment avec ça. Après la différence peut-être avec la photo aérienne comme je dis, je ne sais pas comment l’appeler quand je compare avec la photo sous-marine, la photo terrienne on va dire, c’est que si tu rates ton coup, tu décides de faire une plongée à 60 mètres de fond, tu as 10 minutes en fait.

Régis Moscardini : Par rapport à ton autonomie ?

Gregory Pol : Voilà. Si tu y vas et que tu ne vois rien, tu es un peu dégouté quand même.

Régis Moscardini : Bien sûr.

Gregory Pol : Généralement tu ne pourras pas en faire plus de 3 dans la journée.

Régis Moscardini : Donc tu as intérêt à avoir une préparation en amont super efficace de manière à ce que tu optimises vraiment ta sortie. Par rapport à la vitesse, la plupart on veut quand même l’animal net sur l’image, par rapport à la vitesse c’est les mêmes principes que sur la terre ? Quelles sont tes règles que tu as en tête pour que ton animal soit net sur l’image ?

Gregory Pol : Là, c’est encore un petit peu différent. Pour ma part, et c’est le cas aussi pour pas mal d’amis et de copains qui font de la photo sous-marine, on n’utilise pas des vitesses très rapides. Déjà parce qu’on n’a pas beaucoup de luminosité, si tu veux faire des photos en lumière naturelle, j’ouvre en général à 1/125e ou 1/250e de vitesse.

Régis Moscardini : Tu peux difficilement aller au-delà parce que les conditions ne s’y prêtent pas beaucoup ?

Gregory Pol : Voilà ou alors il faut vraiment être dans des zones pas très profondes, ce qui est faisable aussi quand on plonge dans 5 mètres d’eau dans un lagon à Tahiti, le sable est blanc, il y a une super réverbération, là on peut mettre de la vitesse rapide. Mais dès qu’on est sur des fonds de roches ou d’algues c’est différent. Par contre on peut monter dans les ISO mais la difficulté c’est que le bruit se voit encore plus qu’en photo terrienne puisqu’on a la masse d’eau entre

Régis Moscardini : C’est sombre ?

Gregory Pol : Entre l’objectif et le sujet, on a déjà toute cette masse qui peut être chargée en plancton par exemple ou en particules, donc on a déjà une impression de bruit numérique alors que c’est un bruit naturel au final, d’où la nécessité en photo sous-marine de s’approcher le plus possible du sujet et d’utiliser un grand angle si possible pour compenser.

Régis Moscardini : D’accord. Gregory, on va sortir un tout petit peu du domaine de la photo pour aller sur le domaine de la géographie. Il ne faut pas que ça fasse peur à nos auditeurs parce que c’est très intéressant quand même. J’espère ne pas te coller avec ça. Saint-Pierre-et-Miquelon, j’ai regardé sur une carte, c’est à peu près à la même latitude que la Bretagne, que Brest notamment, et pourtant il fait beaucoup plus froid. Comment ça se fait ?

Gregory Pol : Effectivement je ne suis pas un grand spécialiste du climat et de la météo, mais je vais essayer de répondre, un peu succinctement quand même. L’archipel est en gros à la même latitude que Nantes. L’été il ne fait pas froid. L’été dernier et l’été d’avant on a eu des températures maximum qui sont montées à 28°, donc on a des étés qui sont tout à fait corrects.

La température de l’eau par contre ne monte pas beaucoup mais le climat est doux et agréable l’été. Par contre effectivement l’hiver c’est beaucoup plus froid. Pourquoi. On a des poussées d’air arctique qui sont conjuguées aux influences maritimes, là-dessus viennent se rajouter des perturbations du gulf stream. En gros, on va récupérer tout l’air frais du Groenland tout simplement.

A Saint-Pierre-et-Miquelon, on est collé à Terre-Neuve, et au-dessus de Terre-Neuve il y a la mer et on est directement au Groenland. Tous les courants et l’air frais vont venir du Groenland ou vont venir d’ouest-nord-est en venant du grand nord canadien. Donc c’est tout simplement à cause de nos voisins.

Régis Moscardini : Bien sûr.

Gregory Pol : C’est eux qui nous amènent du froid. Mais il fait beaucoup plus froid à Montréal ou au Québec en général qu’à Saint-Pierre-et-Miquelon l’hiver.

Régis Moscardini : Parce que c’est plus dans les terres, peut-être que l’océan a tendance à adoucir.

Gregory Pol : Oui. C’est possible. Après, comme je dis, je ne suis pas un grand spécialiste. On a aussi une grosse période où l’on a beaucoup de brume, c’est à la fin du printemps.

Régis Moscardini : D’accord. C’est étonnant. Ce genre de curiosité est toujours étonnant et c’est vrai que ce serait bien d’avoir l’avis d’un spécialiste sur la question. On va revenir à la photographie. On a parlé longuement de la photographie sous-marine.

On va quand même aborder un petit peu ce qu’il se passe sur terre et à Saint-Pierre-et-Miquelon. En France métropolitaine et en Europe plus généralement, les animaux sauvages sont très méfiants, on le sait tous, ce qui est le résultat vraisemblablement de milliers d’années de chasse et de pression humaine de tout ordre.

Le bilan de tout ça, c’est qu’un photographe animalier doit prendre mille précautions pour ne pas provoquer la fuite de ses sujets. Est-ce que, à Saint-Pierre-et-Miquelon, tu dois faire face aux mêmes contraintes, la peur et la fuite des sujets, et prendre également plein de précautions pour ne pas provoquer la fuite des animaux que tu photographies ?

Gregory Pol : Concrètement, c’est vraiment différent. Ne serait-ce déjà que pour les oiseaux nord-américains. Ils sont beaucoup moins craintifs qu’en Europe. Tout simplement vu les étendues de terre qu’il y a en Amérique du Nord, entre les Etats-Unis, le grand Nord canadien ou même après le Groenland, parce qu’on a des oiseaux comme le harfang des neiges qui viennent aussi du Groenland, ils sont très peu habitués à être dérangés en fait. Donc ils viennent facilement.

Après, ils restent méfiants quand même, il y a toujours les mêmes règles de dérangement ou des choses comme ça. Mais c’est vraiment beaucoup plus facile de les approcher.

Régis Moscardini : C’est lié en partie à l’immensité de l’espace dans lequel tu es qui fait que finalement il y a de la population humaine mais qui est beaucoup moins dense, moins présente et qui dérange moins la faune tout simplement.

Gregory Pol : Oui, j’en suis persuadé.

Régis Moscardini : D’accord. Donc c’est un avantage ?

Gregory Pol : Oui. J’évoquais le harfang des neiges, il ne vient pas tous les ans cet oiseau, mais par exemple l’année dernière on avait une cinquantaine d’individus sur l’île qui, pour comparer, est grande comme l’île de Ouessant, donc c’est tout petit, il y a peut-être 10 photographes qui les prennent en photo.

Contrairement à nos voisins canadiens, on a vu des photos sur Facebook où on voyait un pauvre harfang, pauvre ça nous faisait un peu pitié malheureusement, un harfang des neiges dans un arbre avec 60 photographes en dessous en train de le mitrailler au zoom. Nous ici, ça nous arrive d’être tranquilles à marcher dans la neige et de s’arrêter, et autour de nous on voit 5 harfangs.

Donc pour ça, c’est sympa. Les gens sont très précautionneux ici, ils sont conscients de la chance qu’ils ont. Il n’y a pas besoin de faire d’information ou autre, les gens sont responsables, ils ne font pas n’importe quoi. Les gens ici sont vraiment responsables, la population n’est pas très importante en nombre, on est 6.000 personnes sur l’archipel et les gens sont fiers et contents de tout ce qui peut arriver sur l’archipel, ils respectent tout ça.

On n’a pas besoin d’avoir de campagne d’information pour dire attention, évitez de vous approcher de tel oiseau ou de tel mammifère par exemple, les gens le savent, ils le savent parce qu’au final il n’y a pas 36.000 espèces non plus, c’est toujours un peu les mêmes qui reviennent et ils les connaissent. Du coup, ça c’est surprenant et très appréciable.

Régis Moscardini : Gregory, tu n’es pas photographe pro, on l’a compris, tu es d’abord marin mais ça ne t’empêche pas quand même d’avoir quelques faits d’armes que ne renierait pas un pro, et je commence par une de tes photos présente, j’en ai parlé au début de l’interview, dans la superbe compilation des 100 plus belles photos qui ont marqué le célèbre Festival de Namur. Tu es mentionné, il y a ta photo de baleine page 97 avec ta photo en petit encart. J’imagine que d’être présent et d’être au milieu de photographes bien plus renommés ça a dû être un sacré moment pour toi, non ?

Gregory Pol : Ça a été un sacré moment. D’autant plus que le livre, avec l’éloignement de l’archipel, je ne l’ai pas eu rapidement, je ne l’ai pas eu de suite, le livre je l’ai eu entre les mains il y a une semaine. Donc quand toi tu m’as annoncé que tu l’avais, quand tu en avais parlé, je savais que j’allais être dedans. Mais quand je l’ai eu le livre, d’abord j’ai trouvé que c’était un livre vraiment très beau

Régis Moscardini : Ce livre-là est très beau, d’ailleurs je vais assez prochainement faire entre guillemets un test, c’est-à-dire que je vais en parler sur le blog, mais le livre est absolument magnifique.

Gregory Pol : Du coup, je me dis que ce n’est pas juste un magazine, c’est vraiment un beau livre, donc une fierté quand même d’être dedans. Au moment d’aller voir où était ma photo, je vais voir dans le sommaire, Gregory Pol, j’ouvre et je vois en fait que je suis présenté sur la même page que monsieur Pierre, je l’appelle comme ça, … dont je suis fan

Régis Moscardini : Tu es présenté à côté de lui.

Gregory Pol : Donc je me vois présenter à côté de lui avec sa photo, des bœufs musqués qui chargent dans la neige.

Régis Moscardini : Je l’ai sous les yeux.

Gregory Pol : Je ne regardais plus ma photo à ce moment-là, j’étais à côté de lui, ça c’était chouette. C’est surtout ça en fait qui m’a vraiment fait plaisir. Sinon c’est vrai que pour cette photo de baleine, elle a une histoire.  Déjà il y a l’histoire de la prise de vue, on y reviendra peut-être une autre fois mais c’est surtout une diapositive que j’avais perdue, une diapositive que j’ai retrouvée 6 ans plus tard dans une enveloppe, ah elle est là cette photo.

Du coup je l’ai utilisée et effectivement j’avais été nominé au concours de Namur et j’ai été primé avec cette photo au concours de la Gacilly, là j’ai eu un prix. J’ai aussi remporté le 1er prix du concours-photo nature de Vincennes. Tout ça avec cette photo-là qui était perdue. Donc une belle histoire.

Régis Moscardini : Que tu as très bien fait de retrouver.

Gregory Pol : Oui, effectivement. J’étais content.

Régis Moscardini : Techniquement ça a été une photo difficile à prendre, c’était une sacrée performance ou finalement, ne le prends pas mal, mais est-ce que c’était plutôt facile et tu t’es retrouvé là quand il fallait ?

Gregory Pol : Techniquement, non la photo n’était pas dure à prendre. Techniquement, la photo était assez simple. J’étais peut-être dans 10 mètres d’eau, j’ai fait une apnée, mais par contre c’est l’approche qui a été difficile et le contexte puisque là ça se passe aux îles australes, donc en Polynésie française, ce sont des iles qui sont vraiment au sud de la Polynésie française, j’étais en compagnie de Guillaume Mazille qui a d’ailleurs fait un très beau livre sur les baleines à bosse qui s’appelle « Baleines au premier jour ».

Là-bas il n’y a aucune structure de plongée, même aucune structure touristique, donc on avait loué les services d’un pêcheur local pour nous amener suivre des baleines. On a suivi les baleines toute la journée dans une eau quand même assez agitée, il a fallu qu’on s’immerge en fin de journée, on les a suivies pendant 7-8 heures, elles se sont calmées en fin de journée, c’est là qu’on s’est mis à l’eau.

Là, effectivement une fois la mise à l’eau effectuée, c’était facile de faire la photo. Mais il a fallu quand même attendre 8 heures avant d’y aller. C’est un mâle qui protégeait un peu une femelle qui elle-même protégeait son baleineau.

Régis Moscardini : Donc il ne fallait pas trop s’approcher ?

Gregory Pol : En fait qui était en alerte on va dire. Parce qu’ils tournaient autour de nous, il n’y avait pas de souci. Surtout le petit, c’est surtout le baleineau qui était curieux, qui avait tendance même à venir au contact. Donc c’est là que c’est un peu dangereux.

Régis Moscardini : Toujours par rapport à ça, à la plongée sous-marine, on s’imagine tous la dangerosité de plonger avec des requins, évidemment pas tous les requins mais certains, ce qui peut être dangereux c’est de se faire attaquer par un requin, je n’imagine pas vraiment la dangerosité avec une baleine, elle ne peut pas vous mordre, elle ne peut pas vous attaquer, si ? Qu’est-ce qui est dangereux en fait ?

Gregory Pol : Généralement pour les baleines à bosse, c’est vrai que ce ne sont pas des baleines agressives. Par contre ce sont des baleines qui sont quand même assez expressives et qui aiment bien jouer, elles tapent souvent de la queue, elles sautent, ce n’est pas rare de voir une baleine à bosse complètement sortie de l’eau, elles sondent, elles remontent d’un coup, elles sortent complètement de l’eau, donc c’est très impressionnant.

Régis Moscardini : Elles sortent avec la puissance de leur queue plusieurs tonnes, c’est fou !

Gregory Pol : Totalement. Elles sortent totalement de l’eau, donc là tu ne sais pas trop où elles vont retomber. Si tu es dans l’eau ou si tu es en bateau, parfois ça peut être inquiétant. Après, elles font un peu plus attention quand il y a le baleineau, là elles sont un peu moins fofolles, comme on dit.

Régis Moscardini : Donc à savoir, quand il y a un baleineau dans l’entourage d’une baleine à bosse, c’est un peu moins dangereux parce qu’elle fera un peu moins la folle.

Gregory Pol : La femelle en tout cas. Après en général quand la femelle a son baleineau, c’est qu’elle est de nouveau féconde. Du coup quand vous apercevez un mâle baleine à bosse à côté d’une famille, ce que j’appelle une famille, une maman et son petit, généralement ce n’est pas le père.

Lui, il pense plutôt à une autre chose, il ne pense pas à élever le petit en famille. C’est plus ça, à ce moment-là les mâles viennent plus au contact, se mettent plus entre la baleine et nous, c’est là qu’il faut faire attention de ne pas prendre un coup de nageoire. Mais ce n’est pas agressif.

Régis Moscardini : J’ai gardé le meilleur pour la fin, Gregory. Je le dis vraiment de manière très sincère. Tu as sorti récemment un livre qui s’appelle « Saint-Pierre-et-Miquelon. Regard d’un Breton». Ma première question : d’où t’est venue cette idée un petit peu folle de sortir un bouquin parce que tous ceux qui font de la photo animalière ont de très belles photos sur leur ordinateur, on les partage, on en fait des tirages pour soi, pour des expositions, mais sortir un livre, c’est déjà un peu plus complexe ? Qu’est-ce qui t’a emmené à te dire, je me lance là-dedans ?

Gregory Pol : Il y a déjà un petit peu comme tu dis toujours une part de rêve. Au départ, on se dit qu’un jour, quand on fait de la photo, ce serait bien un jour de faire un livre. C’est quand même ça.

Régis Moscardini : C’est une consécration, il y en a d’autres des consécrations, il y a exposer à Montier-en-Der par exemple, il y a d’autres formes de consécrations mais en tout cas faire un livre de photos c’en est une.

Gregory Pol : Oui, c’est vrai que je suis assez content, même si ce n’est pas un livre à grande prétention artistique, on va dire, c’est plus un recueil presque de cartes postales je dirais. C’est vraiment un instantané de l’archipel, quelque chose d’actuel qui, je pense, manquait un petit peu sur l’archipel justement.

C’est-à-dire que Saint-Pierre-et-Miquelon, on connait un petit peu l’histoire, c’est la pêche à la morue, c’est des choses comme ça, il y a de très belles photos d’archives. Sur Saint-Pierre il y a des photographes qui sont vraiment doués, qui font des très belles choses.

Régis Moscardini : Des photos du folklore local en fait ?

Gregory Pol : Oui, surtout de la pêche, de la grande pêche, ce que l’on appelle la grande pêche. Souvent quand on va à l’étranger comme nous sur le bateau, quand on rencontre des gens, quand on veut offrir des choses de l’archipel pour montrer un peu à quoi ça ressemble, on tombe souvent sur des livres qui datent de 50 ans, sur des images qui datent de 50 ans.

Régis Moscardini : C’est d’abord un constat, une envie évidemment mais aussi un constat ?

Gregory Pol : Le constat surtout qui pouvait me laisser entrevoir la possibilité de faire quelque chose qui marcherait.

Régis Moscardini : Qui n’avait pas déjà été fait ?

Gregory Pol : Et qui n’avait pas vraiment été fait.

Régis Moscardini : D’accord. Une fois passé ça, ma question suivante c’était : Comment ça se concrétise ? Comment tu fais, peut-être pas toutes les étapes parce qu’on ne va pas non plus y passer des heures, ça serait forcément très intéressant, mais une fois que tu t’es dit, je me lance, comment tu fais ?

Gregory Pol : Déjà le souci, c’est la sélection comme pour tout. Déjà une sélection pour une exposition, ce n’est souvent pas facile, alors pour un livre c’est encore plus dur. Il faut d’abord savoir à peu près combien de pages tu vas faire et comment tu veux faire ta mise en page. Moi j’étais parti sur une centaine de photos. Je me suis dit 100 photos c’est facile, ça fait beaucoup quand même. Tu fais une première sélection, tu es à 300, tu sais que tu en as encore 2 sur 3 à enlever

Régis Moscardini : Pour avoir les 100 ?

Gregory Pol : Oui. C’est surtout ça que j’ai trouvé la difficulté. Après pour mon cas, j’aime beaucoup faire de la photo en noir et blanc. Ce n’est pas évident du coup de mixer les couleurs avec le noir et blanc. Donc soit on fait quelque chose en noir et blanc soit on fait quelque chose en couleurs.

Régis Moscardini : Exact.

Gregory Pol : Ou alors on essaie de mixer les deux mais ce n’est pas évident.

Régis Moscardini : Pour que ce soit harmonieux ce n’est pas facile.

Gregory Pol : Donc c’est ce que j’ai essayé de faire. J’avoue que j’ai quand même été encouragé sur place, par des gens qui habitent ici, qui connaissaient un petit peu mes photos, grâce aux réseaux sociaux entre autres. Du coup ils m’ont encouragé, tes photos sont sympas, pourquoi tu ne le fais pas. Au final ça s’est fait en très peu de temps, parce que les photos je les avais. En gros, le livre s’est fait en 2 mois.

Régis Moscardini : Finalement, il y a peut-être 2 façons de faire un livre, soit on a une idée de réalisation et on va mettre en œuvre ce qu’il faut pour pouvoir faire les prises de vue qu’on n’a pas encore par rapport à l’idée qu’on a, ou comme toi, ton cas, on a déjà la matière, après il s’agit de le mettre en forme.

Gregory Pol : Moi, je n’avais pas forcément tout ce que je voulais mettre dans le livre. J’avais une partie, j’avais des choses dont je savais que je pouvais faire quelque chose. Comme je dis, c’est un livre sans prétention artistique. J’ai d’autres projets, des choses qui pourraient être un peu plus pointues, un peu plus techniques, un peu plus artistiques. Comme tu dis d’ailleurs dans ta formation, ça sera peut-être des photos qui plairont beaucoup à pas beaucoup de personnes, alors que dans mon livre, j’essaie de faire des photos qui plaisent un peu à beaucoup de monde.

Régis Moscardini : C’est un peu plus consensuel.

Gregory Pol : Oui. C’est plus un livre touristique, un instantané de l’archipel. Qu’est-ce que verrait une personne pendant 15 jours à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il verra des baleines, il verra des paysages, il verra des harfangs des neiges ou des choses comme ça.

Régis Moscardini : Tu es resté fidèle à ce principe-là tout le long, c’était aussi, j’imagine, un fil conducteur pour sélectionner tes photos que de garder les photos qui vont plaire au plus grand nombre, au détriment peut-être de quelque chose de plus osé au niveau artistique.

Gregory Pol : Tout à fait.

Régis Moscardini : Du coup ton projet a été réalisé, concrétisé. C’est une auto-édition, tu as un éditeur, comment tu as fait pour le tirage ?

Gregory Pol : C’est un éditeur local, c’est une entreprise locale Azimut, qui lui fait imprimer après ses livres au Canada. Le livre est ensuite vendu majoritairement sur l’archipel.

Régis Moscardini : Si moi je veux l’acheter, habitant en métropole ?

Gregory Pol : Pour l’instant, habitant en métropole, tu ne pourras le trouver en métropole.

Régis Moscardini : Je ne pourrai pas le trouver en métropole ?

Gregory Pol : Non. Tu pourras le commander soit en passant par une librairie locale ou soit directement par moi, il n’y a aucun souci, mais tant que je ne suis pas parti de l’archipel, c’est aussi un peu un cadeau que je fais aux gens ici, ils ont l’exclusivité, sauf les gens qui me contactent directement, ces gens-là peuvent l’obtenir.

Régis Moscardini : Si quelqu’un qui nous écoute a envie déjà de le voir, est-ce qu’on peut voir quelques photos, oui, sur ta page Facebook, je pense qu’on peut ?

Gregory Pol : Oui, sur ma page Facebook, tout à fait, il y a pas mal de photos qui se trouvent dans le livre, pas tout bien sûr, oui on peut en trouver. Il y a aussi sur ma page Web, il y a une galerie intitulée Saint-Pierre-et-Miquelon, il y a beaucoup de photos de Saint-Pierre-et-Miquelon qui se trouvent dans le live effectivement aussi.

Régis Moscardini : Gregory, est-ce que tu as réussi à convertir notre Président François Hollande à la photo animalière ? Je te pose la question parce que tu as eu la chance, c’est vraiment une chance, une sacrée opportunité de pouvoir serrer la main du Président de la République française qui est venu à Saint-Pierre-et-Miquelon. Tu lui as présenté ton livre-photo. Raconte-nous un peu ce moment-là quand même. On ne va rentrer dans la politique, ce n’est pas le but, mais quand même ça a dû être une chouette expérience. Raconte-nous un petit peu tout ça, s’il te plait.

Gregory Pol : C’était un grand moment effectivement. Un concours de circonstances aussi puisque mon livre venait de sortir début décembre.

Régis Moscardini : Il n’est pas venu pour ton livre en fait ?

Gregory Pol : Non, il n’est pas venu pour mon livre.

Régis Moscardini : Je plaisante !

Gregory Pol : Ça aurait été chouette.  Ça tombait bien, il était en visite sur l’archipel le 23 décembre, le 23 et 24 décembre, mon livre venait de sortir. Les autorités locales souhaitaient lui offrir. Comme j’étais là, ils ont dit, le mieux ce serait que toi le photographe et que la personne qui a fait ce livre lui offrent.

Régis Moscardini : Est-ce que tu lui as dédicacé ?

Gregory Pol : Oui, je lui ai dédicacé.

Régis Moscardini : C’est fort, ça.

Gregory Pol : Il m’en a dédicacé un en retour aussi. Donc c’est sympa aussi. C’était un bon moment effectivement. Doublement, comme je le disais je suis militaire, donc en fait c’est le chef de l’Etat, le chef des armées est le chef de l’Etat.

Régis Moscardini : C’est ton chef.

Gregory Pol : Oui, c’est mon chef. C’est mon plus haut chef on va dire, de par sa fonction. Et en tant que photographe, déjà d’avoir fait un livre, j’étais déjà bien content, en plus pouvoir le donner en mains propres au Président de la République, ça fait plaisir. En plus, j’ai pas mal de copains au Canada qui ont vu aussi les photos, qui n’ont pas les mêmes relations que nous avec leurs hommes et leurs femmes politiques, ils ont trouvé ça super sympa aussi.

Régis Moscardini : Eux, ils ont quel type de relations avec eux, tu disais ils n’ont pas le même type de relations ?

Gregory Pol : Ils sont un peu plus respectueux envers leurs hommes et leurs femmes politiques, ils sont beaucoup plus patriotiques que nous en France.

Régis Moscardini : C’est sûr.

Gregory Pol : Oui, c’est sûr mais c’est un peu partout pareil dans tous les pays en Amérique.

Régis Moscardini : Les Canadiens aussi ont leur drapeau canadien dans leur maison ?

Gregory Pol : Oui. Au Canada, tu vois des drapeaux canadiens partout aussi. Nous on verrait des drapeaux français chez nous, on trouverait ça bizarre. Mais au final quand tu voyages beaucoup, tu t’aperçois qu’il n’y a pas beaucoup de pays où tu ne vois pas les drapeaux des pays.

Régis Moscardini : On va finir sur une note pas très photographique, de culture générale, mais ça fait partie aussi des discussions qu’on peut avoir dans les interviews. Je te remercie beaucoup, Gregory. C’était super intéressant.

Gregory Pol : Merci à toi, Régis.

Régis Moscardini : Merci à vous d’avoir suivi ce podcast. Je vous donne rendez-vous très vite pour un nouvel épisode d’interview de photographe nature.


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